LSNP : Landscape Stewardship Nature People

La perte de forêts humides riches en biodiversité dans le nord-est de Madagascar, causée par les petits agriculteurs locaux, se poursuit (bien qu'à un rythme plus lent qu'auparavant), malgré deux décennies d'interventions de conservation (Zaehringer et al. 2016). Ces interventions ont eu recours au zonage ainsi qu'à des mesures incitatives, par exemple en encourageant la culture de cultures alternatives (c'est-à-dire des cultures de rente comme le girofle). Néanmoins, la manière habituelle d'acquérir de nouvelles terres cultivées pour les agriculteurs par l'expansion dans les forêts humides n'a pas pu être transformée en une gestion du paysage plus durable sur le plan écologique. Les petits exploitants agricoles agrandissent leurs terres pour répondre à leurs besoins immédiats et futurs en matière de subsistance et à ceux de leurs descendants (par le biais de l'agriculture de subsistance et/ou commerciale). Cela montre que la conservation des paysages naturels est profondément liée à la situation sociale et économique des êtres humains vivant dans de tels paysages (Zaehringer et al. 2018). Conformément à l'état actuel des connaissances scientifiques de l'art en matière de conservation de la nature, nous proposons d'aborder la question de la conservation de la nature comme une question socio-écologique intégrée. L'objectif global proposé pour le projet LSNP est donc de fournir un cadre qui favorise la conception et la mise en œuvre autodirigée d'activités évolutives des petits agriculteurs qui contribuent à réduire la déforestation tout en renforçant le développement social et économique. Dans le cas concret du nord-est de Madagascar, dans le District de Maroantsetra, nous proposons pour le projet LSNP de mettre en place des institutions locales (au sens d'organisations) qui facilitent différents projets innovants à petite échelle (appelés par la suite iLABs) tant pour la conservation de la nature que pour le développement social et économique, de manière intégrative. Les résultats de notre projet r4d montrent que les systèmes socio-écologiques locaux sont influencés par divers flux d'argent, de produits, d'informations, etc. provenant de systèmes distants à différents niveaux (du district au niveau mondial). Par exemple, les décisions prises par les villageois locaux concernant la l'extension des terres cultivées en forêts est d'une part influencée par les réglementations en matière de conservation de la nature des organisations internationales de conservation (par exemple, la WCS de la US Wildlife Conservation Society), et sur d'autre part, par les différents acteurs des réseaux commerciaux internationaux de cultures de rente (principalement le girofle et vanille) ainsi que des pierres de quartz. Nous stipulons donc que pour réduire la déforestation découlant de l'expansion des terres cultivées des petits agriculteurs, nous ne pouvons pas trouver de débouchés dans le seul système socio-écologique. Nous devons plutôt trouver des opportunités qui sont liées à ces flux de et aux systèmes distants. Ces systèmes éloignés créent des opportunités de développement social et économique qui sont indépendants de l'utilisation des ressources naturelles. Cela signifie que nous passons de les projets classiques de conservation et de développement intégrés, qui ont souvent échoué à obtenir de véritables résultats bénéfiques pour la conservation ainsi que pour le développement social et économique, vers une approche innovante qui explorera de nouveaux terrains en termes de solutions aux défis de la conservation, pour les acteurs locaux et l'équipe du projet. Les iLABs que nous proposons seraient donc d’un caractère expérimental, qui exige une ouverture d'esprit de la part de toutes les parties prenantes, y compris le LSNP l'équipe de projet.

Le cadre général du projet suit les principes d'une "approche paysage" (Sayer et al. 2013) et, par conséquent, est fortement axé sur l'apprentissage et met l'accent sur l'inclusion de toutes les parties prenantes concernées pour élaborer toute activité, telle que les iLABs proposés. Les approches paysagères montrent la voie à suivre pour mieux intégrer les préoccupations relatives à la nature, mais aussi aux personnes. La principale responsabilité des iLABs doit être assumée par les acteurs et parties prenantes locaux et régionaux, car seule leur "appropriation" de ces projets peut permettre de maintenir ces activités et résultats. En incitant les petits exploitants agricoles à créer des iLABs et en fournissant des capacités la formation des acteurs qui assument cette responsabilité ; nous visons à mettre en place une structure autonome